Amitié 2.0

La familiarité, tu peux. Les confidences, tu peux. Les blagues, tu peux. L’honnêteté, tu peux. Le léger, l’anodin, tu peux. La gravité, tu peux aussi.

Si j’ai l’habitude de flâner, de papillonner, alors que tu cours et sautes et dribbles et changes sans cesse de direction, je veux bien t’accompagner un peu. Découvrir ton univers. Éprouver ton rythme pour quelque temps.

Mais s’il te plaît, laisse-moi sentir le manque. À l’heure de l’instantané, de l’hyper-connexion, du tout-tout de suite, fais moi languir un peu. Je veux ressentir l’absence, me délecter du vide, apprécier le silence qui offre un lit au cours de mes pensées.

Ne me réponds pas de suite, laisse-moi échafauder des scénarios, imaginer des dialogues virtuels, douter de la réalité de nos échanges, me poser, apprendre la patience et me détacher enfin avant de m’entraîner à nouveau dans un ping-pong effréné.

Offre-moi de l’ennui en ciment d’une amitié naissante, des espaces à ne surtout pas combler de myriades de mots, qui seront bien assez tôt futiles et vains.

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