Les yeux fermés, le cœur ouvert

Mes yeux plantés dans les tiens, la gorge serrée, je te parle. Les mots s’écoulent lentement, difficilement. Chacun d’eux est comme un aiguillon planté dans ton cœur. Malgré la peine que je te fais, tes yeux noyés de larmes et pourtant si clairs me permettent de poursuivre. De lancer les mots-poignards avant qu’ils ne deviennent mots-poisons. Et seule la certitude que tu pourras les contrer, que tu sauras cicatriser, me donne la force de continuer la purge, de combler le fossé creusé par l’érosion au fil des années.

La confiance, c’est de m’abandonner dans tes bras, yeux fermés, et de te laisser chambouler mon équilibre sans chercher à me retenir,

La confiance, c’est à la fois te suivre et te guider, sans savoir où on va,

La confiance, c’est te laisser faire les choses à ta manière, me reposer sur toi,

La confiance, c’est fermer mes yeux dans la pénombre et les pièges d’un mardi soir et être sûre qu’il ne m’arrivera rien de fâcheux,

La confiance, c’est mes doigts à deux centimètres de tes aisselles ou du creux de ton aine, et ne pas te chatouiller,

La confiance, c’est m’enivrer à tes côtés, parler sans filtre, rire trop fort et toujours compter sur toi pour prendre soin de moi,

La confiance, c’est te dire mes blessures et mes espoirs, mes fêlures et la poussière d’or qui pourrait les embellir,

La confiance, c’est me montrer, l’âme nue, sans artifice, sans maquillage, et avoir la certitude que tu m’accueilleras toute entière, peu importe ce que tu découvriras,

La confiance, c’est enfin de savoir que tu peux tout entendre, que je n’ai pas à me cacher de toi, aussi douloureux que soient mes mots à tes oreilles et à ton cœur…

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