Pimprenelle et Nicolas

Assise presque face à lui, sac à dos posé aux pieds, je le regarde dormir. D’abord sommeil léger, crispé, bras croisés et bouche fermée. À mesure que défilent les gares, le buste s’affaisse, la tête dodeline jusqu’à tomber, pendante, au-dessus de l’épaule, rouler menton en avant. Peu à peu, la respiration se fait profonde.  Il y a de la mollesse dans ce corps qui s’abandonne sous mon regard.

Un TGV arrive en sens inverse et klaxonne. Tel un animal acculé, dos au mur, les paupières s’ouvrent brusquement, pupilles dilatées, le corps se tend, l’œil cherche un danger. Ne voyant que moi, impassible gardienne, il s’autorise à replonger dans le sommeil, bouche entrouverte et souffle régulier.

Dans la grisaille et le ronron du train, je ferme à demi les yeux. J’espère le rejoindre au pays des rêves.

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