Starman

Un flash lumineux dans les ténèbres d’une nuit sans lune. Deux êtres se découvrent alors, partageant, sans savoir exactement depuis combien de temps, cette petite place dans l’univers. Ce sont des êtres-mondes, chacun entouré d’une atmosphère dense, d’anneaux, de satellites, de nébuleuses qui les constituent, les protègent et camouflent la femme ou l’homme niché au creux de leur cœur.

Commence alors une longue et lente danse, toute en gravitation, ellipses, éclipses, révolutions. Dans l’immensité de l’univers et dans l’intimité de cette petite fraction d’espace, le temps joue à cache-cache. Il s’étire, se rétracte ou disparaît à sa guise, se suspend le temps d’admirer une pleine lune ou de se laisser porter par une marée.

Dans les confins des galaxies, les deux êtres-mondes chantent à l’unisson, une vaine mélopée lancée dans le vide et que nul ne pourra jamais entendre. Si la mélodie, la prosodie de ce chant cosmique se perdent, reste l’entêtante vibration des mots lancés en sourdine qui résonnent dans les cœurs en fusion. “Être-monde, montre-moi ton Univers. Je veux creuser sous cette surface mouvante, m’inspirer de ces motifs chatoyants, te suivre là d’où tu viens et dans les lieux que tu ne connais pas encore, élargir mes horizons, découvrir les myriades d’étoiles qui ont illuminé tes nuits, réchauffer mon corps céleste dans une flambée sidérale au contact de ton essence. Être-monde, voici mon Univers. Les galaxies que j’ai englouties, précieusement enfouies, nouvelles briques de mon identité ; les secrets de la fragile alchimie permettant de supporter des siècles de dérives en solitaire dans le néant interstellaire ; les révélations d’autres êtres-mondes qui ont enchanté mes débuts d’éternité avant de disparaître à tout jamais…”

Le chant, la danse se poursuivent encore. Au gré des mouvements orbitaux, les atmosphères des deux êtres-mondes se frôlent, leurs auras se confondent parfois. Avant que le temps, peut-être, n’accélère brusquement la danse, provoquant une collision fatale, l’anéantissement par fusion des êtres-mondes, ou leur inéluctable séparation provoquée par des forces élémentaires les emportant à la dérive vers d’autres cieux.

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